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Réponse à Monsieur de B.

Abbé G. de Tanoüarn

Pacte n°86 - mai 2004

[Note du webmaster: un encadré complète cet article: Question de logique]

Cher monsieur,

Vous vous dites affligé des polémiques nées autour du livre de Paul Sernine La paille et le sycomore dont je suis l’éditeur. Vous avez lu tout ce qui est paru autour de ce livre. Vous citez un certain nombre de titres, mais j’ai l’impression que deux pièces manquent à votre dossier : le livre de Sernine et l’article que j’ai publié dans Certitudes (qui n’attaquait nommément aucun support mais où beaucoup de gens se sont reconnus à ce jour semble-t-il).

Restons-en à la pièce principale, le livre de Sernine. Il n’apparaît pas dans votre courrier que vous l’ayez lu, et vous n’êtes pas le seul. Les trois arguments qu’il propose sont à ce jour restés sans réponses et nombreux sont ceux qui parlent de Sernine sans l’avoir lu. Pour obvier à cette carence, je mettrai sur le site Internet de Pacte certains extraits de la démonstration serninienne [Note du webmaster: La Paille et le Sycomore est maintenant en entier sur internet ]. Elle est peut-être un peu polémique, c’est une loi du genre. Mais les pointes de Sernine sont intelligentes et ses raisonnements extrêmement clairs. Rien à voir avec la bêtise à front de taureau dont font preuve certains commentateurs (en particulier sur Internet). Il faudra bien que ceux parmi les anti-Sernine qui sont de bonne foi se désolidarisent clairement de certains trublions à la cervelle vide et à la doctrine dangereuse. S’il faut donner un nom et un texte, je citerai le périodique Sous la bannière de janvier  2004 : sa défense d’Etienne Couvert est entachée d’erreurs à saveur manichéenne. Celui qui signe courageusement Félix Causas (sans doute en l’honneur de Virgile) nous parle carrément d’une révélation de Satan faite à Caïn (idée antitraditionnelle et gnostique) et il revient sur cette erreur grossière d’un « corps mystique de l’Antéchrist » qui implique logiquement non seulement une prédestination au mal de ceux qui font partie de ce corps (doctrine hérétique comme vous le savez) mais une subsistance (1) du Mal dans ce corps (ce qui caractérise bien l’hérésie manichéenne). La polémique est allée trop loin : aujourd’hui un défenseur d’Etienne Couvert qui, avant toutes choses, ne désavouerait pas cet article à ce double titre, devra être considéré comme complice de la gnose des antignostiques, clairement professée dans ce texte.

Quant au livre de Sernine, on peut le discuter. Qui sait lire voit bien que la ligne défendue dans Certitudes (depuis le n° 4 de la nouvelle série) n’est pas rigoureusement identique à la position de Sernine. Personnellement, ce que je récuse et récuserai toujours dans le conspirationnisme, c’est une théorie diabolisatrice de l’adversaire. Personne n’est le diable sur la terre car tout homme, à un moment ou à un autre, manifeste qu’il pourrait se sauver. Quant à la mécanique binaire qui condamne les anticonspirationnistes en les diabolisant, elle est dans la logique terroriste d’un univers en noir et blanc. Pas dans la réalité.

Condamner le conspirationnisme, ce n’est pas nier l’action séculaire de la Maçonnerie ou le rôle disolvant des communautarismes. Je souhaite, en tout cas, que s’organise un débat loyal, parmi les catholiques, sur l’impact des lobbies dans notre société désarticulée. J’ai dit un débat… Pas un bûcher!


1.  Le terme de subsistance est le terme théologiquement exact pour caractériser le mode d’existence du Corps mystique du Christ.