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A Bordeaux l’effet Saint-Eloi : Mgr Ricard devient antilibéral

Abbé Bruno Schaeffer

Pacte n°85 - avril 2004

«Nous assistons à la généralisation sur une grande ampleur d’un libéralisme catholique réservé au XIXème siècle à de petits cercles. » Ce regard inédit sur la crise, l’archevêque de Bordeaux l’emprunte au cardinal Newman, dont il cite longuement un texte de 1879 sur les progrès des idées libérales condamnés par Pie IX dans le Syllabus. «Ces lignes n’ont pas pris une ride » selon Mgr Ricard. Lisons-les avec lui : « Le libéralisme en religion est la doctrine selon laquelle il n’y a pas de vérité positive en religion, mais qu’un credo en vaut un autre, et tel est l’enseignement qui gagne chaque jour en substance et en force. Il est incompatible avec une quelconque reconnaissance de n’importe quelle religion comme vraie. Il enseigne qu’il faut les tolérer toutes, mais que toutes sont affaire d’opinion. La religion révélée n’est pas une vérité, mais un sentiment et un goût, elle n’est un fait ni objectif, ni miraculeux, et c’est le droit de chaque personne de lui faire dire seulement ce qui frappe son imagination. »

En une citation Mgr Ricard a condamné les points les plus controversés de Vatican II, la primauté de la conscience et ses conséquences, la liberté religieuse, le faux œcuménisme et le dialogue interreligieux. Sa prise de position spectaculaire : « ces lignes n’ont pas pris une ride », peut servir de base à un bilan objectif de Vatican II. Elle est à l’opposé de l’engagement de Jean Paul II pour la liberté religieuse, le personnalisme ou le dialogue interreligieux par lequel le pape concluait l’ensemble de ses rencontres avec notre épiscopat. A propos de l’Europe, Jean Paul II voulait par elle rechercher « le service de l’homme et des peuples, dans le respect des croyances et des aspirations profondes ». Particulièrement « au nom de la liberté religieuse qui est un des aspects fondamentaux de la liberté de conscience ». Les chrétiens doivent raviver leur foi et leur appartenance à l’Eglise « car toute forme de relativisme ne pourrait que nuire gravement aux relations entre les religions. »

Entre Rome et Bordeaux, le poids du magistère pour une fois penchait vers l’Aquitaine.